Le suivi de santé au travail constitue un pilier essentiel de la politique de prévention des risques professionnels. Il a pour but de vous aider à protéger la santé physique et mentale des salariés en assurant une surveillance médicale adaptée à leurs conditions de travail, à leur âge et à leur état de santé. Ce dispositif, rendu obligatoire par le Code du travail, permet non seulement de détecter précocement d’éventuelles pathologies liées à l’activité professionnelle, mais aussi de favoriser le maintien dans l’emploi. Le suivi médical devient plus que jamais un levier stratégique au service du bien-être des travailleurs et de la performance des entreprises.
SUIVIS DE SANTÉ AU TRAVAIL
Les différents suivis de santé au travail
Le suivi individuel des salariés est présenté de la manière suivante :
Pour qui ? |
Quand ? |
Objectif principal |
|
Salariés non exposés à des risques particuliers |
Première visite réalisée dans les 3 mois suivant l’embauche puis au maximum, tous les 5 ans |
Informer, repérer les risques, faire le point sur la santé |
Pour qui ? |
Quand ? |
Objectif principal |
|
Salariés exposés aux agents biologiques de groupe 2 ou aux champs électromagnétiques Première visite réalisée avant la prise de poste puis au maximum tous les 5 ans Les travailleurs de nuit, les salariés âgés de moins de 18 ans Première visite réalisée avant la prise de poste puis au maximum tous les 3 ans Les salariés en situation de handicap ou invalides Première visite réalisée dans les 3 mois suivant l’embauche puis au maximum, tous les 3 ans |
Assurer un suivi régulier de l’état de santé lié au travail |
* En application de l’article R. 4323-56 du Code du travail, pour la conduite des équipements de travail appartenant aux catégories énumérées ci-dessous, les travailleurs doivent être titulaires d’une autorisation de conduite : grues à tour, grues mobiles, grues auxiliaires de chargement, chariots automoteurs de manutention à conducteur porté, plates-formes élévatrices mobiles de personnes, engins de chantier télécommandés ou à conducteur porté.
** Seuls les salariés habilités « électrique » au titre des travaux sous tension ou d’opérations au voisinage de pièces nues sous tension (conformément aux articles R. 4544-9 et R. 4544-11 du Code du travail) sont concernés.
Pour qui ? |
Quand ? |
Objectif principal |
|
Salariés exposés aux risques particuliers suivants : Le premier examen médical d’aptitude est réalisé avant l’embauche, puis tous les 4 ans Salariés exposés aux rayonnements ionisants catégorie A Le premier examen médical d’aptitude est réalisé avant l’embauche, puis tous les ans |
Vérifier l’aptitude médicale au poste, prévenir les risques spécifiques |
Toute femme enceinte, venant d’accoucher ou allaitante est, à tout moment si elle le souhaite, orientée sans délai vers le médecin du travail. Cette nouvelle visite, effectuée par le médecin du travail, a notamment pour objet de proposer, si elles sont nécessaires, des adaptations du poste ou l’affectation à d’autres postes.
La visite des salariés en contrat d’apprentissage et non exposés à un risque particulier doit être réalisée dans les 2 mois qui suivent la prise de poste puis tous les 5 ans maximum.
En cas de discordance constatée entre la catégorisation du suivi individuel et les risques professionnels du salarié, le professionnel de santé peut faire une proposition de modification du suivi de santé au travail du salarié et inviter l’employeur, s’il le souhaite, à modifier sa déclaration (article D. 4622-22 du Code du Travail).
VISITES DE SANTÉ AU TRAVAIL
Les différentes visites de santé au travail
Durant l’ensemble de son parcours professionnel, le salarié est accompagné par un professionnel de santé dans le but d’éviter toute altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail et d’améliorer la qualité de vie et les conditions de travail. Ce suivi comprend plusieurs visites médicales, assurées par un médecin du travail, un collaborateur médecin, un interne en médecine du travail ou un infirmier en santé au travail.
DMST
Le dossier médical en santé au travail
Un DMST est créé sous format numérique sécurisé pour chaque salarié faisant l’objet d’un suivi individuel. Il est renseigné et tenu à jour par les professionnels de santé d’Action Santé Travail, dans le respect des règles de confidentialité.
Une continuité du suivi
Lorsque le salarié dépend de plusieurs services de prévention et de santé au travail, ou qu’il cesse d’être rattaché à l’un d’eux, le service en charge d’assurer la continuité du suivi peut demander la transmission de son dossier médical en santé au travail, sauf si le salarié s’y est expressément opposé.
Un droit de consultation
Le travailleur a la possibilité de consulter les conditions d’accès ainsi que ses droits relatifs à son dossier médical en santé au travail via son espace salarié confidentiel.
EXAMENS COMPLÉMENTAIRES
Les examens complémentaires
Le médecin du travail peut réaliser ou prescrire des examens complémentaires. Ceux-ci peuvent être effectués directement au sein d’Action Santé travail ou confiés à un organisme spécialisé choisi par le médecin. L’ensemble de ces examens est réalisé dans des conditions garantissant la confidentialité et le respect de l’anonymat des données du salarié et ont pour objectifs :
Déterminer
Déterminer la compatibilité entre le poste de travail et l’état de santé du travailleur, notamment au dépistage des affections pouvant entraîner une contre-indication à ce poste de travail.
Détecter
Détecter une maladie professionnelle ou à caractère professionnel susceptible de résulter de l’activité professionnelle du travailleur.
Repérer
Repérer des maladies dangereuses pour l’entourage professionnel du travailleur.
Les examens suivants peuvent être réalisés dans nos centres de santé au travail :
- Examen de la vue.
- Examen de l’audition.
- Examens biométriques : mesure de la tension, de l’indice de masse corporel.
- Analyses urinaires, recherche de toxiques urinaires.
- Exploration fonctionnelle respiratoire.
- Autres…
Foire aux questions
Oui, la visite médicale en santé au travail est obligatoire. Elle est prévue par l’article L. 4624-1 du Code du travail et doit être réalisée à l’embauche, puis périodiquement selon les risques liés au poste.
Les travailleurs de nuit doivent bénéficier d’une visite médicale avant leur prise de poste, puis d’un suivi médical régulier adapté à leur situation, ne pouvant excéder 3 ans.
Oui, ils ne doivent pas être exposés à certains risques, et les apprentis majeurs doivent passer une visite médicale obligatoire dans les 2 mois suivant leur embauche.
Le salarié âgé de moins de 18 ans doit bénéficier d’une visite médicale avant sa prise de poste.
Il faut déclarer l’accident du travail de votre salarié dans les 48 heures à la CPAM. Vous devez, également, remettre au salarié une feuille d’accident.
À la reprise effective de votre salarié, vous devez demander une visite de reprise par suite d’un accident du travail via votre espace adhérent, lorsque l’arrêt a duré plus de 30 jours.
En cas d’accident de travail mortel, vous devez informer immédiatement l’inspection du travail, et au plus tard dans les 12 heures suivant le décès. L’information doit être transmise par tout moyen (mail, lettre RAR) permettant de conférer une date certaine à l’envoi.
Vous devez remettre une attestation de salaire à votre salarié, comme pour un arrêt maladie classique, conserver une copie de la déclaration, puis attendre la décision de la CPAM, qui vous informera si la maladie est reconnue comme professionnelle.
Dès la reprise effective de votre salarié, une visite de reprise pour maladie professionnelle doit être demandée via votre espace adhérent, quel que soit la durée de l’arrêt.
Vous pouvez joindre l’assistante médicale du professionnel de santé en charge du suivi de votre effectif. Vous avez également la possibilité de demander une visite occasionnelle employeur (conformément à l’article R. 4624-34 du Code du travail) via votre espace adhérent. La demande doit être motivée et le salarié averti du motif de la visite.
Le médecin peut proposer un aménagement ou un reclassement pour maintenir le salarié en emploi.
La cellule de Prévention de la Désinsertion Professionnelle (PDP) peut vous accompagner dans le maintien en emploi de vos salariés en difficulté. L’objectif et d’anticiper les situations à risque et de trouver des réponses concrètes pour préserver leur activité professionnelle.
La secrétaire médicale du centre Action Santé Travail dont vous dépendez est, aussi, votre principale interlocutrice pour toute demande liée cette cellule. Elle saura vous orienter en fonction de la situation. Vous pouvez, également, contacter la cellule PDP par mail : contactpdp@actionsantetravail.fr
Oui, tous les salariés présents dans l’effectif doivent être déclarés.
Pour faciliter l’identification d’une éventuelle situation de pluri-emploi,
Vous pouvez demander à votre salarié les informations suivantes :
Le nom de ses autres employeurs, ainsi qu’un contact,
Le type d’emploi occupé chez chacun d’eux.
Cette demande peut être formulée par tout moyen.
Vous devez ensuite transmettre ces informations à Action Santé Travail. Si nécessaire, nous pourrons les partager avec les SPSTI des autres employeurs, en sollicitant le salarié pour compléter les données si besoin.
Trois conditions doivent être réunies pour déterminer si le salarié peut bénéficier d’un suivi mutualisé (Art. D. 4624-59) :
« 1° Le travailleur exécute simultanément au moins deux contrats de travail, que ceux-ci soient à durée déterminée ou indéterminée ;
« 2° Les emplois concernés relèvent de la même catégorie socioprofessionnelle selon la nomenclature des professions et des catégories socioprofessionnelles des emplois salariés des employeurs privés et publics.
« 3° Le type de suivi individuel de l’état de santé du travailleur est identique pour les postes occupés dans le cadre des emplois visés au 2°.
L’employeur avec lequel le travailleur entretient la relation contractuelle la plus ancienne est son employeur principal (Art. D. 4624-60).
Si Action Santé Travail est le service de prévention et de santé au travail de l’employeur principal, il nous revient d’organiser la visite de suivi mutualisé de l’état de santé des salariés concernés, conformément à la réglementation en vigueur.
Dans le cadre d’un suivi mutualisé, la demande de visite de reprise en santé au travail (Art. D. 4624-63) doit être effectuée via l’espace adhérent d’Action Santé Travail,
« 1° Par l’employeur principal, si cette visite est consécutive à congé maternité, ainsi qu’à une absence d’au moins soixante jours pour cause de maladie ou d’accident non professionnel ;
« 2° Par l’employeur principal, si cette visite est consécutive à une absence pour cause de maladie professionnelle ;
« 3° Par l’employeur ayant déclaré un accident du travail du travailleur concerné, si cette visite est consécutive à une absence d’au moins trente jours à ce titre.